Actualité Locale

Centenaire de l’Armistice de 1918 – Oreilla

Le temps de la commémoration …

Comme partout en France, le département des Pyrénées-Orientales commémore actuellement le centenaire de l’Armistice de 1918 qui a mis fin à cette « Grande Guerre » dont les survivants espéraient qu’elle soit la « der des ders ».

Les manifestations sont multiples et touchent toutes les générations, colloques, conférences, expositions, édition de livres, projets scolaires, dépôt de gerbes, inauguration d’un mémorial à Perpignan …

J’y suis d’autant plus sensible que dans ma circonscription figure le village de France ayant payé le plus lourd tribut à ce premier conflit mondial : Oreilla.

Oreilla, commune la plus touchée de France

En 1914, cette petite commune au-dessus d’Olette dans les Garrotxes, compte 138 habitants.

Trente de ses hommes sont mobilisés comme fantassins, artilleurs, zouaves, chasseurs à pied…

Dix-huit seront tués, soit 13,04% de la population alors que la moyenne nationale est à 3,53%.

Joseph FETBAL, soldat au 143e RI, fut le premier à tomber le 20 août à Dieuze (Moselle) lors de la terrible « bataille des frontières » qui fit 40 000 morts côté français. Il n’avait pas 23 ans. Les morts s’égrènent jusqu’au 7 octobre 1918, date à laquelle Joseph THUÉS, infirmier militaire, succombe à l’hôpital militaire de Rosendaël dans le Nord. Le sergent Alphonse THUÈS, son frère, décédera quant à lui en 1920 des suites de ses blessures. Les familles FETBAL, BANET et THUÈS perdent chacune trois de leurs membres, les BOTET et les SICART, chacune, deux. Les familles FELIP, HUILLET, MARGAIL, BARDIE et GRAU seront également endeuillées.

18 hommes en tout donc : 18 arbres seront plantés en leur mémoire par les enfants des écoles en 1989, le long du chemin menant à l’aire de loisirs. En réalité, 19 soldats d’Oreilla sont décédés, si l’on inclue Jean BONNEMAISON mort le 23 septembre 1915. Né à Oreilla, il vivait à Olette quand il a été mobilisé comme artilleur et c’est sur le monument aux morts de ce village voisin que son nom figure. A cela il faut ajouter quatre blessés graves, mutilés.

Oreilla, village martyr, ne se relèvera pas de cette saignée à blanc.

Toutes les familles de la 3ème circo endeuillées

De Perpignan aux Hauts Cantons, il n’existe pas une famille qui n’ait été endeuillée. Soldat anonyme ou célèbre, tels Aimé Giral, né rue Grande la Réal, ou Maurice Gravas, vigneron de Millas, tous deux champions de France 1914 de rugby, les « morts pour la France » se comptent par milliers : 6882 pour l’ensemble du département.

… sans oublier les nombreux blessés accueillis par un personnel soignant dévoué et une population généreuse leur fournissant soins et réconfort dans les hôpitaux militaires ouverts un peu partout tels ceux du Parc Ducup, de Prades ou de Vernet-les-Bains.

Notre devoir, ne pas oublier…

Ces événements et destins tragiques peuvent paraître lointains mais il est plus que jamais essentiel de se souvenir. Non seulement pour rendre hommage à ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie, de leur jeunesse, mais aussi pour qu’ils ne l’aient pas fait en vain.

Retenons enfin les leçons de cette Histoire qu’ils ont écrite avec leur sang pour construire le monde de justice, de paix et d’harmonie qu’ils appelaient de leurs vœux.

Je vous invite à participer aux commémorations et ne pas oublier le sacrifice de ces poilus.